Courir améliore les chances de survie des personnes atteintes d’un cancer du côlon, révèle la science

Image d'illustration. Pieds de coureur frappant le trottoirADN
Selon des travaux scientifiques récents, la pratique de la course à pied serait bénéfique pour les personnes atteintes d’un cancer du côlon, en contribuant à améliorer leur taux de survie au cours de la maladie.
Tl;dr
- Un programme de course prolonge la survie des patients.
- Risque de décès réduit de 37 % avec l’exercice structuré.
- L’exercice devrait être intégré au traitement du cancer du côlon.
Des avancées majeures dans la lutte contre le cancer du côlon
Les effets bénéfiques de l’exercice physique ne font plus débat, mais une récente étude bouleverse les certitudes sur son rôle auprès des patients atteints d’un cancer du côlon avancé.
Dirigée par des chercheurs de l’Université Queen’s au Canada, l’étude CO.21 Challenge s’est penchée, pendant près de deux décennies, sur l’impact d’un programme structuré de course à pied chez des patients opérés et traités par chimiothérapie.
Un protocole scientifique rigoureux et inédit
Publié dans le The New England Journal of Medicine, ce travail a suivi 889 volontaires diagnostiqués avec un cancer du côlon de stade 3 ou stade 2 à haut risque. Tous étaient auparavant peu ou pas actifs. Deux groupes ont été constitués : le premier bénéficiait d’un accompagnement personnalisé pour la pratique régulière de la course durant trois ans ; le second recevait uniquement des informations sur l’activité physique et la nutrition.
Cette approche comparative a permis aux scientifiques — dont le professeur Christopher Booth, oncologue à l’Université Queen’s, et Kerry Courneya, expert à l’Université d’Alberta — d’analyser en profondeur les différences liées à l’exercice.
Coup d’accélérateur sur la survie grâce au sport ?
Les résultats sont saisissants : les patients ayant suivi le programme structuré présentent une réduction de 37 % du risque de décès et une baisse de 28 % du risque de récidive ou d’apparition d’autres cancers. Ces chiffres dépassent parfois ceux observés pour certains traitements médicamenteux récents, selon les propos relayés par le journal The Globe and Mail. Toutefois, il convient de rappeler que tous les participants avaient déjà bénéficié d’une chirurgie et d’une chimiothérapie.
Voici les faits marquants mis en lumière par les chercheurs :
- Taux de survie amélioré chez les sportifs encadrés.
- Bénéfices indépendants du traitement médical classique.
Vers une nouvelle prescription médicale ?
S’il semble acquis que donner simplement des brochures explicatives ne suffit pas, les auteurs insistent sur la nécessité d’intégrer concrètement un encadrement sportif personnalisé au parcours thérapeutique.
L’idée fait son chemin : pourquoi ne pas envisager désormais la course — sous supervision professionnelle — comme un véritable « médicament » complémentaire dans la lutte contre le cancer du côlon ? Une perspective qui change assurément la donne pour bon nombre de patients… et peut-être demain pour toute la communauté médicale.
