Les experts rappellent : bien s’hydrater avant de courir sous la chaleur estivale est essentiel

Image d'illustration. Gros plan d une bouteille d eau rafraîchissanteADN
À l’approche des fortes chaleurs estivales, les experts rappellent que boire de l’eau avant de pratiquer la course à pied est essentiel pour éviter tout risque lié à la déshydratation et préserver sa performance.
Tl;dr
- Préparation insuffisante face à la chaleur chez les athlètes.
- Manque d’accès et de sensibilisation aux stratégies d’acclimatation.
- Entraînement à la chaleur lié au succès en compétition.
Des compétitions sous haute température : un défi sous-estimé
Sur les sentiers escarpés de Chiang Mai, lors du dernier Championnat mondial de course en montagne et trail, la coureuse Švestková Stružková a vécu une expérience qui illustre le danger bien réel des conditions extrêmes. « Chaque pas devenait plus difficile, je n’arrivais plus à courir droit, mon corps se dérobait… Je suis tombée à plusieurs reprises et n’ai repris conscience qu’en infirmerie. »
Ce témoignage, marquant par sa brutalité, met en lumière la menace que représentent la combinaison de fortes chaleurs, d’humidité et d’efforts prolongés, surtout lorsque l’organisme n’a pas été suffisamment préparé.
L’étude révélatrice de World Athletics
Face à ces risques croissants, accentués par le réchauffement climatique, World Athletics a mené une enquête lors du Championnat du monde de marche par équipes à Mascate (2022). Soixante-six athlètes d’élite venus de 16 pays ont participé à cette initiative visant à mesurer leur niveau de préparation et leurs connaissances concernant l’acclimatation au stress thermique. Les températures avaient alors grimpé jusqu’à 31,3 °C – un seuil bien supérieur aux moyennes historiques pour la région.
Les résultats sont sans appel : si des ressources sur l’adaptation à la chaleur étaient disponibles, près de 83 % des sportifs interrogés ignoraient leur existence. Encore plus inquiétant, 43 % ont admis ne s’être pas préparés spécifiquement pour affronter les conditions annoncées. Les obstacles mis en avant ? Un manque d’accès à des équipements adaptés mais aussi le coût logistique.

Image d’illustration. Coureur buvant eau pendant jogging matinalADN
Médailles et préparation : une corrélation nette
L’analyse a mis en évidence un point essentiel pour la performance : ceux qui s’étaient acclimatés avant l’événement figuraient nettement plus souvent parmi les dix premiers. En chiffres :
- Tous les médaillés interrogés avaient suivi un protocole spécifique d’acclimatation.
- Parmi les quinze premiers du classement, 80 % avaient anticipé le stress thermique.
Les athlètes moins informés — notamment les femmes, deux fois plus nombreuses que leurs homologues masculins à ignorer les prévisions météo — se sont retrouvées particulièrement vulnérables.
L’appel à une nouvelle culture sportive
Pour Fréderic Garrandes, directeur scientifique chez World Athletics, ces lacunes tiennent autant au « manque de professionnalisme qu’à une certaine naïveté face au risque ». L’évolution climatique impose désormais aux encadrants comme aux sportifs une anticipation rigoureuse : un enjeu vital pour la santé mais aussi pour la quête de performances dans un contexte où chaque degré compte.
