Du Mount Rainier au Mount Hood, six courses du Nord-Ouest américain permettent de quitter la simple rando sans se jeter trop vite dans le grand bain.
En bref
- Six sommets pour débuter sérieusement en alpinisme
- Washington et Oregon servent de terrain école
- Mount Hood clôt la liste en beauté
Partir de Seattle ou de Portland, puis viser un sommet qui oblige à faire plus que marcher. Voilà l’idée. Ces six courses du Nord-Ouest américain ont un point commun, elles mettent un pied dans le vrai alpinisme sans envoyer d’emblée sur des objectifs trop lourds.
Entre Seattle et Portland, un vrai terrain d’apprentissage
Le passage de la rando à l’alpinisme reste un cap un peu brutal. On ne parle plus seulement de sentier, mais de glacier, de rocher, parfois de corde, et surtout de décisions à prendre quand le terrain se redresse. Ici, les sommets ne sont pas classés dans un ordre précis, à vous de piocher selon votre niveau et votre marge mentale.
Mount Rainier et la Twin Sisters Traverse, l’école version Washington
Sur le papier, Mount Rainier fait rêver. Sur le terrain, c’est une grosse journée, et même plus que ça. L’itinéraire Disappointment Cleaver est présenté comme un rite de passage pour les grimpeurs américains, avec au sommet des vues sur Mount Adams, Mount St. Helens ou encore Mount Baker, sans oublier forêts, rivières, glaciers et alpages.
Mais il faut le dire, la montée demande des compétences techniques et le matériel qui va avec. Si le sommet paraît trop ambitieux, le secteur de Paradise offre déjà de très beaux points de vue. Et si vous hésitez, prendre un guide paraît franchement logique. D’autant que la météo change vite là-haut, avec vent fort, visibilité réduite et températures qui bougent brutalement.
Plus au nord, la Twin Sisters Traverse mélange escalade facile en 4e, petits rappels et progression sur glacier. Si vous savez gérer ces trois ingrédients, vous ouvrez la porte à des objectifs plus sérieux. Bonus non négligeable, les vues accrochent Mount Baker, Mount Shuksan, les North Cascades, le Puget Sound et même les San Juan Islands par ciel clair.
Trois idées très différentes côté Oregon
Avec Mount Jefferson, on monte d’un cran. C’est l’un des volcans les plus durs à gravir en Oregon, mais aussi l’un des plus convoités. Là-haut, le panorama file vers Three Fingered Jack, Mount Washington et les Three Sisters, avec à l’est un contraste saisissant vers le haut désert de l’État.
Plus accessible pour un premier sommet technique, Broken Top a un profil malin. L’essentiel des difficultés tient en une dizaine de pieds, le reste relevant d’un scrambling facile. Les débutants intermédiaires peuvent vouloir une corde et un jeu de protections pour ce passage court mais plus sérieux. Au sommet, on regarde de près ses deux glaciers et la ligne des Three Sisters au nord.
Quant à Middle Sister, la plus petite des trois, c’est aussi la plus technique. Il faut aimer le vide et maîtriser les bases du déplacement sur glacier. Le massif compte aussi pour son histoire géologique, ces sommets étant des stratovolcans de l’arc volcanique des Cascades, liés à la subduction de la plaque Juan de Fuca. Et il y a une dimension culturelle forte pour les tribus amérindiennes de la région, notamment les Confederated Tribes of Warm Springs et les Klamath Tribes.
Mount Hood, la suite logique quand on veut monter d’un cran
Et puis il y a Mount Hood, le plus haut sommet de l’Oregon. Un volcan jugé potentiellement actif, même considéré par des scientifiques comme le plus susceptible d’entrer en éruption dans l’État. Son itinéraire le plus fréquenté, Pearly Gates, passe par Crater Rock, le Hogsback et ces fameuses portes sommitales. Après ces six courses, vous avez déjà un vrai début de bagage.