Son exploit paraissait absurde: gravir les 14 sommets de plus de 8 000 mètres en sept mois. Après sa mort en 2026, le film sur Nims Purja frappe encore plus fort.
En bref
- Nims Purja est mort le 30 juillet 2026
- Son film raconte un exploit jugé impossible
- Le documentaire résonne autrement aujourd’hui
Plus de sept ans d’un côté, sept mois annoncés de l’autre. C’est sur cet écart presque absurde que repose la puissance de 14 x 8000 : Aux sommets de l’impossible, mis en ligne en 2021 sur Netflix. On y suit Nirmal « Nims » Purja, ancien membre des forces spéciales britanniques devenu figure majeure de l’himalayisme. Et depuis sa mort, le 30 juillet 2026, dans une avalanche sur le Broad Peak au Pakistan, le film cogne encore plus fort.
Sept mois pour ce que d’autres faisaient en une vie
Il n’existe que 14 sommets de plus de 8 000 mètres, répartis entre le Népal, la Chine et le Pakistan. Pour beaucoup d’alpinistes, en gravir un seul marque déjà une carrière. Tous les enchaîner, c’est autre chose.
Avant Nims Purja, le meilleur chrono appartenait au Sud-Coréen Kim Chang-ho, avec plus de sept années. Lui annonce qu’il peut le faire en sept mois. Franchement, sur le papier, ça ressemble moins à un plan qu’à une charge frontale contre tout ce que la haute altitude vous impose. Pourtant, son Project Possible ira encore plus loin, avec les quatorze sommets bouclés en six mois et six jours en 2019.
Dans la zone de la mort, le film montre le vrai prix
Le documentaire fonctionne parce qu’il ne vend pas juste une collection de drapeaux plantés au sommet. Il montre la zone de la mort, au-dessus de 8 000 mètres, là où l’organisme ne tient pas longtemps faute d’oxygène.
Avalanches, séracs instables, tempêtes, fatigue extrême, crevasses, manque d’oxygène. Chaque course ressemble à un sprint sale et interminable. Les images impressionnent, mais ce qui reste, c’est le rythme infernal, les approches, les vols en hélicoptère, les fenêtres météo minuscules. Et puis la tête. Nims Purja lâche « Quand tu es en montagne, si tu abandonnes, tu meurs ». Son frère, lui, dit simplement « Je ne veux pas que mon frère meure ». Résultat, le film parle autant du risque que du sommet.
Un record, mais aussi un combat pour les alpinistes népalais
Ce point-là est sans doute le plus intéressant. Nims Purja ne cherche pas seulement un exploit sportif, il veut aussi déplacer le regard porté sur les Sherpas et, plus largement, sur les alpinistes népalais.
Pendant des décennies, beaucoup ont accompagné les grandes expéditions occidentales sans obtenir la même reconnaissance. Lui insiste sur ce déséquilibre et estime que si la même performance avait été signée par un grimpeur occidental, l’écho médiatique aurait été bien plus fort. Son mantra, « Rien n’est impossible », sert donc à la fois de devise personnelle et de message collectif.
Depuis l’avalanche de 2026, le documentaire n’a plus la même couleur
Vu aujourd’hui, le film tient presque de l’hommage. La disparition de Nims Purja sur le Broad Peak, à 43 ans, rappelle une chose toute simple, et quand même brutale, les plus grands restent vulnérables face à la montagne.
Vous pouvez y voir un récit de dépassement de soi, de solidarité en altitude et de performance hors normes. Mais pas seulement. C’est aussi le portrait d’un homme qui savait exactement ce qu’il risquait, et qui laisse derrière lui un héritage immense dans l’alpinisme moderne.