Après le drame dans les Hautes-Pyrénées, les bons réflexes face à l’orage en montagne reviennent au premier plan. Et ils peuvent sauver une vie.
En bref
- Un orage d’été arrive très vite en montagne
- La foudre frappe loin devant le front orageux
- Perdre de l’altitude reste la priorité
En montagne, un orage d’été peut se monter en moins d’une heure. C’est peu. Et c’est souvent ce qui piège les randonneurs, surtout quand le ciel semble encore acceptable au départ. Après le drame survenu dans les Hautes-Pyrénées, où un adolescent de 14 ans et un jeune de 21 ans ont été foudroyés le 3 août sur un sentier, le rappel est brutal, la foudre ne laisse presque aucune marge.
En été, la montagne peut basculer en moins d’une heure
Sur le terrain, le scénario est classique. La chaleur s’accumule dans les vallées, remonte vers les sommets, et les reliefs favorisent la naissance de cellules orageuses, en particulier en début d’après-midi. Même avec une vigilance jaune, vous pouvez vous retrouver exposé en quelques minutes.
Le piège, c’est aussi la distance. La foudre peut tomber à plus de 10 km d’un orage. Autrement dit, quand on entend le tonnerre, le danger est déjà là. Sur un sommet, un col, une arête ou un plateau dégagé, vous devenez très vite le point le plus haut du paysage.
Les signaux qui doivent faire changer vos plans tout de suite
Il y a des signes qu’on ne discute pas. De gros nuages sombres qui gonflent vite, des grondements lointains, un vent qui forcit d’un coup, une chute rapide de la température, ou des éclairs visibles au loin.
Le repère le plus simple reste celui-ci, si vous comptez moins de 30 secondes entre l’éclair et le tonnerre, l’orage est assez proche pour représenter un danger immédiat. Bref, à ce moment-là, on ne temporise plus.
Sommet, arbre isolé, lac : les mauvais réflexes classiques
Rester là-haut pour finir la vue, mauvaise idée. Continuer sur une crête aussi. Même chose sous un arbre isolé, près d’une croix de sommet, d’un pylône, d’une via ferrata, au bord d’un lac ou d’un torrent.
Et les bâtons à la main n’aident pas. Les objets métalliques n’attirent pas la foudre à eux seuls, mais ils peuvent aggraver les conséquences si un impact survient juste à côté.
Que faire si l’orage vous tombe dessus
La priorité, c’est de perdre de l’altitude rapidement, sans se mettre en danger en descendant trop vite. Il faut quitter les sommets et les crêtes, s’éloigner des arbres isolés et, si vous êtes en groupe, laisser plusieurs mètres entre chaque personne.
Si votre sac a une armature métallique importante, retirez-le. Ensuite, accroupissez-vous sur ce sac ou sur un isolant, mousse, corde ou vêtements secs, pieds serrés. Mais ne vous allongez jamais. En cas d’impact proche, le courant se propage dans le sol sur plusieurs dizaines de mètres.
Si une personne est foudroyée, vous pouvez la toucher immédiatement, elle ne reste pas électrisée. Appelez le 112 dès que possible et commencez une réanimation cardio-pulmonaire si elle ne respire plus.
Le vrai bon matériel, c’est l’anticipation
Chaussures, GPS, bâtons ou vêtements techniques ne protègent pas contre la foudre. Le meilleur réflexe se joue avant, consulter la météo de montagne, partir tôt, prévoir d’être redescendu avant le milieu d’après-midi si des orages sont annoncés, et repérer les refuges ou possibilités d’abri.
Et puis il y a la décision la moins glamour, mais souvent la meilleure, renoncer. En montagne, faire demi-tour n’est pas un échec. Après ce qui s’est passé dans les Hautes-Pyrénées, c’est même le rappel le plus utile.