Avec leur affichage couleur, 20 heures d’autonomie et les séances Garmin dans le champ de vision, les Engo 3 passent enfin le cap du gadget.
En bref
- La couleur change vraiment la lecture en course
- Garmin rend les séances bien plus fluides
- Utile surtout pour marathon et ultra
Plus besoin de regarder sa montre pour connaître son allure ou sa fréquence cardiaque : avec les Engo 3, les données s’affichent directement dans le champ de vision. Après plusieurs sorties avec ces lunettes connectées, une question s’impose : est-ce vraiment utile pour courir ? Ayant déjà testé la première génération, qui m’avait franchement impressionné, j’avais quelques attentes. Cette fois, j’ai ma réponse.
En bref
- Un HUD couleur directement dans le champ de vision
- Une vraie valeur ajoutée pour le fractionné et les entraînements Garmin
- Seulement 38,5 g et plus de 20 heures d’autonomie
- Un temps d’adaptation nécessaire
- 349,95 €, ce qui les réserve aux runners très connecté
Le vrai déclic, c’est la couleur
Sur le papier, afficher des données devant les yeux pendant qu’on court peut sembler excessif. En pratique, quand on enchaîne des intervalles ou qu’on vise une zone cardio précise, lever le poignet toutes les minutes finit par casser le rythme. Le petit HUD des Engo 3 garde l’info dans un coin du regard, et la nouveauté la plus utile n’est pas la quantité de chiffres.
C’est la couleur. Vert si vous êtes dans la cible, rouge si vous dépassez, une teinte intermédiaire quand ça dérive. Sur un 10 x 400 m, on comprend l’état de l’effort presque sans lire. Résultat ? La donnée devient moins envahissante.
Avec Garmin, l’intérêt grimpe d’un cran
L’autre avancée solide, c’est la reprise des entraînements structurés de Garmin (comptabilité avec plus de 81 montres et compteurs de vélo Garmin,). Les lunettes peuvent afficher l’intervalle en cours, le décompte et la zone à respecter. Pour un run tranquille, c’est franchement dispensable. Pour une séance tempo ou du fractionné, ça change beaucoup.
Au lieu d’attendre une vibration puis de baisser les yeux sur la montre pour comprendre quoi faire, l’instruction reste visible. Les Engo 3 ne remplacent pas la montre, elles deviennent son écran déporté. Et il faut le dire, la valeur du produit dépend pas mal de l’écosystème. Avec Apple Watch et Suunto, certaines métriques remontent, mais on n’a pas la même garantie fonctionnelle. Hâte de voir avec les Coros 🙂
Bien réglées, elles savent rester discrètes
Les lunettes peuvent afficher jusqu’à six champs par écran, parmi plus de 40 métriques. Mais plus on en met, moins l’idée tient debout. En course, trois infos suffisent souvent, l’allure instantanée, la fréquence cardiaque, puis le temps ou la distance de l’intervalle.
C’est le paradoxe du produit. Plus il est configurable, plus il faut rester sobre. Si vous surchargez le HUD, vous perdez justement ce qu’il apporte.
Poids, autonomie, prix, le tri se fait vite
Côté matériel, les Engo 3 passent à 38,5 g, contre 36 g avant. La hausse est minime, et pour des lunettes avec batterie, Bluetooth et système de projection, le poids reste raisonnable. Le vrai juge de paix sera plutôt l’équilibre sur le nez, la stabilité quand on transpire et la position du HUD devant l’œil. Le contrôle passe aussi d’un capteur gestuel à un double tap sur la branche, un choix plus simple en courant, parfait. Elles sont certifiées IP55, donc ok pour la pluie et la sueur, pas pour l’immersion.
Et puis il y a l’autonomie, annoncée à 20 heures, contre environ 12 heures auparavant. Pour un coureur classique, ça veut dire plusieurs sorties sans recharge. Pour l’ultra, c’est bien plus intéressant, surtout quand la fatigue rend la lecture de chiffres moins naturelle.
Reste le prix, environ 350 euros pour la version teintée et environ 400 euros pour la photochromique. C’est cher pour un accessoire. Si vous courez aux sensations, passez votre tour. Si vous préparez un marathon, suivez un plan Garmin ou vivez en mode fractionné, là, ça commence vraiment à avoir du sens.

Ce que j’ai aimé
Le plus réussi n’est finalement pas la quantité de technologie embarquée. C’est sa discrétion. Une fois habitué, on regarde moins sa montre. Le double tap sur la branche permet de changer d’écran sans casser son rythme et la certification IP55 permet de courir sous la pluie ou de transpirer sans inquiétude particulière. Ce qui n’était pas le cas sur la génération précédente. C’est une vraie amélioration, et ça se voit immédiatement à l’usage.
J’avais testé le modèle photochromique sur la première génération et c’est, à mon avis, celui qu’il faut choisir. Les verres s’assombrissent automatiquement au soleil et s’adaptent aux conditions de luminosité. Résultat : on peut utiliser les Engo 3 par pratiquement tous les temps, sans avoir à changer de lunettes.
Surtout, les Engo ne cherchent pas à remplacer Garmin ou les plateformes d’analyse. Elles interviennent au moment où la donnée est réellement utile : pendant l’effort.
Ce que j’ai moins aimé
Il faut d’abord accepter d’avoir des informations devant l’œil. Certaines personnes s’y habitueront en quelques kilomètres ce qui à été mon cas !! d’autres trouveront probablement cela inutilement intrusif. Je conseille aussi de ne surtout pas afficher six données simplement parce que les lunettes le permettent. Allure, Km, fréquence cardiaque et éventuellement durée de l’intervalle me semblent largement suffisantes pour courir. Plus on ajoute d’informations, plus on perd l’intérêt du système , c’est paramètrable à souhait.