Corfou ne se résume pas à ses plages, et cette sélection le prouve

Randonneur sur un sentier de Corfou
Image d'illustration. Corfou révèle un visage au-delà des plages. — ADN

Entre forteresses byzantines, sentier de 150 km et villages perchés, Corfou montre un visage bien plus riche que ses stations balnéaires.

En bref

  • Corfou ne se limite pas aux plages d’été
  • Randonnée, patrimoine et nature structurent vraiment l’île
  • Le printemps et l’automne reviennent souvent

On pense station balnéaire. On tombe sur une île beaucoup plus dense. Corfou, dans les îles Ioniennes, aligne certes des baies turquoise, mais ce qui marque vraiment, c’est ce mélange très serré entre vieilles pierres, relief et chemins qui filent loin des resorts.

Une vieille ville et des palais qui racontent l’île

Dans Corfu Town, aussi appelée Kerkyra, il faut marcher sans trop regarder la montre. Rues pavées, venelles, maisons hautes aux volets pastel, influence vénitienne partout. Les gros morceaux sont là aussi, l’église Agios Spyridon du XVIe siècle, la Palaio Frourio, forteresse du XIVe siècle, et l’arcade du Liston pour un frappé face au va-et-vient de la ville. Le conseil utile est simple, éviter juillet et août si vous voulez voir la ville respirer.

Un peu plus au sud, l’Achilleion Palace, construit pour l’impératrice Elisabeth d’Autriche, dite Sisi, reste un autre temps fort. L’intérieur était en restauration au moment de la source, mais les jardins restent visitables, avec statues grecques, cyprès, fontaines et terrasses franchement superbes.

Les reliefs de Corfou changent tout

Le vrai morceau pour les marcheurs en Grèce, c’est le Corfu Trail. 150 km, 10 étapes, du nord à Agios Spiridon jusqu’à Kavos au sud. On passe par d’anciens chemins muletiers, des villages de pierre, des vignes, des collines boisées et une bonne part de la côte ouest. L’appli aide, mais la source insiste, les balises jaunes CT ne remplacent pas une vraie carte.

Plus court, plus raide aussi, Angelokastro vaut le détour. Cette forteresse byzantine perchée sur la côte nord-ouest domine oliviers, cyprès et mer Ionienne, avec l’Albanie à l’horizon. Même logique au Mont Pantokrator, point culminant de l’île à 906 m. On peut y monter en voiture par une route sinueuse ou à pied depuis Old Perithia, comptez environ 1 h 30 par sens. Par ciel clair, on voit l’Albanie, la Grèce continentale, parfois même l’Italie.

Criques, lagune et côte ouest, le terrain le plus spectaculaire

Sur la côte ouest, Myrtiotissa coche la case carte postale, sable blond, eau turquoise, accès par un sentier raide sous les pins. Lawrence Durrell la décrivait comme « peut-être la plus belle du monde ». C’est aussi la plage naturiste officieuse de l’île.

Plus au sud-ouest, la grande courbe de Halikounas Beach, environ 3 km, attire autant pour le vent que pour le décor. Kitesurf, windsurf, kayak, paddle, tout fonctionne ici. Juste derrière, la lagune de Korission attire aigrettes, hérons, flamants, échasses, mais aussi tortues, tortues terrestres et lézards. Le bon créneau, c’est mai et début octobre.

Et puis il y a Paleokastritsa. Deux baies, une lumière presque irréelle, et au-dessus la montée, courte mais raide, vers le monastère Moni Theotokou du XIIIe siècle. Mieux vaut y aller hors saison.

L’âme de Corfou se trouve aussi dans ses villages et ses olives

À flanc de montagne, Old Perithia raconte un autre visage de l’île. Ce village vénitien habité depuis le XIVe siècle avait servi de refuge contre les pirates, avant d’être abandonné dans les années 1960. Il renaît aujourd’hui avec ses maisons restaurées, son miel local et ses tavernes où l’on sert le sofrito.

Dans le nord-est, Kalami ramène aux Durrell. Gerald Durrell écrivait à propos de l’île, « Peu à peu, la magie de l’île s’est posée sur nous, aussi doucement et avec autant d’insistance que du pollen ». Lawrence Durrell a vécu ici, à The White House.

Bref, il faut aussi parler des oliviers. La source avance environ 4 millions d’arbres sur l’île. Pour comprendre ce poids historique, direction Agios Matheos, chez The Governor, où la famille Dafnis produit depuis cent ans une huile d’olive extra vierge issue de la variété Lianolia. La visite de moulin dure 1 h 30 avec Corfu Olive Tours. Et ça, pour sentir Corfou, c’est quand même plus parlant qu’un transat.