Jonny Davies a relié les 272 stations du Tube en courant. Derrière les 572 km, il y a un exploit sportif, mais surtout un vrai phénomène collectif.
En bref
- 572 km courus sur le réseau du Tube
- 272 stations reliées en 11 jours
- Près de 1000 coureurs l’ont rejoint
Courir tout le métro de Londres, ce n’est pas une formule. Jonny Davies l’a vraiment fait, en reliant 272 stations à la surface, d’une station à l’autre, pour un total de 572 km en 11 jours.
Un défi hors norme au-dessus des lignes
Le principe était limpide, et franchement costaud. Une ligne de Tube par jour, en passant au-dessus du tracé, jusqu’à couvrir l’ensemble du réseau. Certaines journées restaient presque raisonnables, autour de 30 km. D’autres tiraient franchement vers l’ultra pur, comme la dernière, consacrée à la Central Line, avec plus de 90 km dans les jambes.
L’arrivée, elle, a figé Oxford Circus. Des centaines de personnes, des rues bloquées, une banderole levée au-dessus de la tête. L’image colle bien au projet, énorme sur le plan physique, mais pensé pour être partagé.
D’une idée simple à une machine devenue virale
Au départ, il y a presque un détail. Jonny Davies, ancien rugbyman de 1,93 m reconverti dans l’ultra, avait vu des gens parcourir à pied la Victoria Line sur les réseaux. Son réflexe a été très simple, pourquoi marcher quand on peut courir.
La course longue n’avait pourtant rien d’évident chez lui. Il s’y met presque par hasard lors d’un voyage pro au Canada, en 2020. Premier 10 km, poumons en feu, point de côté, la totale. Mais la clarté mentale ressentie après l’effort le ramène dehors, encore et encore. En 2023, après plusieurs ultras, il court toute la Victoria Line, tease un projet plus fou en vidéo, et ça part très loin. En cartographiant le réseau sur Strava, il découvre l’ampleur réelle du monstre. Dans sa tête, il imaginait quelques centaines de kilomètres. Le chiffre final, 572, l’a surpris lui aussi.
La chaleur, le trafic, les ampoules, et pourtant jamais seul
Le départ est fixé au 7 septembre pour éviter les grosses chaleurs. Mauvais timing. Les quatre premiers jours tombent sur les quatre journées les plus chaudes de l’année à Londres, avec 34 degrés.
Et courir en ville, ce n’est pas juste poser un pied devant l’autre. Il faut gérer le trafic, une équipe d’assistance à vélo, des lignes qui se divisent, des ampoules, et même des frictions avec la sécurité près d’Heathrow. Résultat, un test physique, mais aussi nerveux. Lui raconte avoir tenu sans s’énerver, même quand le plan se compliquait.
Surtout, il n’a quasiment jamais couru seul. Son parcours était publié en ligne pour que n’importe qui le rejoigne, débutant ou coureur confirmé. Près de 1000 personnes ont partagé un bout d’aventure avec lui. Même à 5 heures du matin, quelqu’un finissait par être là.
Pourquoi cette aventure dépasse le simple exploit
Le plus intéressant est peut-être là. Davies ne cherchait pas seulement un gros défi multi-jours, il voulait aussi rendre la course plus accessible et faire se rencontrer des gens qui ne se seraient jamais croisés autrement.
Un moment résume bien l’histoire. Celui de Youssef, 18 ans, novice en course à pied, qui l’a accompagné sur plusieurs étapes et a même bouclé 40 km un jour. Davies l’a poussé à dépasser ses doutes et à se fixer des objectifs. Ce n’est pas rien. À Oxford Circus, au milieu de la foule, son exploit racontait autant une aventure collective qu’une performance d’endurance.