Le foot pro pioche dans le running pour tenir 90 minutes à fond

Footballeur en sprints fractionnés
Image d'illustration. Le foot pro adopte les codes du running. — ADN

Le football de haut niveau emprunte de plus en plus aux coureurs. Intervalles, fartlek, gros volume: derrière le jeu, une excellente endurance physique et cardiovasculaire change tout.

En bref

  • Le foot moderne demande une excellente endurance physique et cardiovasculaire
  • Les pros reprennent intervalles et fartlek
  • L’endurance améliore aussi la lucidité

Ce qu’on ne voit pas toujours pendant un match, c’est le moteur. Un joueur de très haut niveau couvre aujourd’hui plus de 10 kilomètres par rencontre, et certains milieux montent entre 11 et 13 kilomètres. À ce niveau-là, le football moderne ne se joue plus seulement au talent, il se gagne aussi au cardio.

Derrière le ballon, un énorme travail d’endurance

Il y a quelques années encore, un joueur pouvait souffler par séquences. Ce temps-là s’éloigne. Le rythme a grimpé, les exigences tactiques aussi, et les 90 minutes ressemblent de plus en plus à une succession de courses dures, de freinages secs, d’accélérations et de changements de direction.

La distance brute raconte une partie de l’histoire, pas tout. Parce que ces kilomètres ne sont pas courus de façon régulière, comme sur une sortie tranquille. Ils sont hachés, explosifs, nerveux. Résultat, il faut une énorme capacité cardiovasculaire pour répéter les efforts et repartir presque aussitôt.

Pourquoi la base aérobique pèse aussi sur la technique

C’est là que ça devient intéressant. Une bonne base aérobique ne sert pas seulement à tenir debout jusqu’au coup de sifflet final. Elle aide aussi à repousser la fatigue, donc à garder la tête claire quand le match bascule.

Un joueur qui encaisse mieux l’effort conserve plus facilement sa concentration, la précision de ses passes et sa qualité de décision dans les dernières minutes. En gros, mieux il est préparé sur le plan cardiovasculaire, plus il a de chances d’être encore décisif quand les jambes des autres brûlent.

Les méthodes du running entrent au centre d’entraînement

Les séances inspirées du running ont donc pris de la place dans la préparation des pros. On retrouve notamment le travail par intervalles, avec une alternance entre efforts intenses et récupération active, un format très proche de ce qu’impose un match.

Autre méthode désormais bien installée, le fartlek. Le principe est simple, varier sans cesse l’allure pour habituer l’organisme aux changements de rythme. Pour un footballeur, c’est très logique. Ces deux approches améliorent l’efficacité cardiovasculaire et aident à mieux supporter l’accumulation de fatigue.

Une frontière de plus en plus floue entre deux mondes

Les recherches récentes vont dans le même sens. Le football de haut niveau demande à la fois de l’endurance, la capacité de répéter des efforts très intenses et une récupération rapide entre les sprints.

Du coup, la vieille frontière entre sport collectif et sport d’endurance devient moins nette. Courir n’est plus un simple morceau de prépa estivale. C’est un pilier. Et quand un ailier fait la différence à la 93e minute, il y a souvent derrière des mois de planification, d’intervalles et de travail aérobie très proches de ceux d’un coureur de fond.

Christophe

Spécialiste Outdoor

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