Rustiques, ouvertes et parfois pleines, les cabanes du GR91 restent vitales sur les Hauts Plateaux du Vercors. Mais leur état et leur équipement posent question.
En bref
- Les cabanes du GR91 restent ouvertes et très rustiques
- Leur état varie fortement selon les secteurs
- L’eau et les toilettes posent un vrai sujet
Sur les Hauts Plateaux du Vercors, une cabane, ce n’est pas du décor. C’est souvent ce qui change la fin de journée après six ou sept heures de marche. Et sur le GR91, ces abris ouverts disent aussi quelque chose de la montagne, de ses usages anciens et de ses limites très actuelles.
Des abris ouverts, mais sans le confort d’un refuge
Certaines cabanes du secteur viennent du pastoralisme, d’autres ont servi à des forestiers ou à des chasseurs. Celle de Carette est une ancienne bergerie. À Pré Peyret, perché vers 1 600 mètres. Mais on parle ici d’abris très simples. En gros, vous trouvez une table, des bancs, un poêle, puis un étage ou des bat-flancs où une dizaine de personnes, parfois douze ou quinze, peuvent poser leur matelas. Pas de lits, pas de gardien, pas de douche, pas de réservation. Il faut donc porter matelas, sac de couchage, nourriture et eau, avec un plan B si la cabane est déjà pleine.

Roybon, Carette, Jasse du Play, Pré Peyret, quatre ambiances
La moins convaincante, c’est Roybon. Le lieu a été jugé assez insalubre lors du passage relaté, avec une forte odeur de fumée à l’intérieur. Sa proximité avec Villard-de-Lans et son accès plus facile expliquent sans doute une fréquentation plus lourde. Et les toilettes sèches annoncées n’étaient plus là, ce qui devient vite un souci autour d’un abri très fréquenté.
À Carette, le ton change nettement. L’isolement se fait sentir, la cabane était en bon état et le poêle bien présent. La nuit, des bruits couraient dans le toit, oiseaux ou mulots probablement. Rien d’anormal, clairement, on dort chez eux.
Puis il y a Jasse du Play, sans doute l’une des plus belles étapes du parcours. La cabane domine un plateau superbe, avec des marmottes tout autour lors du passage. Plus loin, Pré Peyret sort du lot par son côté chaleureux. C’est le coup de cœur assumé, avec en plus un défibrillateur et un extincteur, deux équipements loin d’être gadgets dans un coin aussi isolé.

L’eau, le vrai piège discret du GR91
Le point à ne pas sous-estimer, c’est l’eau. Une source marquée sur une carte ne garantit rien à l’arrivée. Autour de Jasse du Play, il y en a bien une à proximité, mais en septembre et en octobre certaines sources peuvent être complètement sèches.
Avant de partir, les cartes IGN restent la base, et Refuges.info peut aider pour vérifier l’état d’une cabane, la présence d’un poêle ou d’une source. Mais une fois sur les plateaux, le réseau mobile peut disparaître. Bref, il faut préparer ça avant.
Mieux équiper sans dénaturer, l’équilibre à trouver
Trois pistes ressortent pour améliorer ces cabanes, un petit panneau solaire, un récupérateur d’eau de pluie et des toilettes sèches. Le solaire pourrait servir pour un éclairage de secours ou certains équipements de sécurité, même si le sujet des batteries, de la maintenance et du vandalisme refroidit vite. Le Vercors utilise déjà du photovoltaïque dans certaines cabanes de bergers depuis les années 1990.
Le récupérateur d’eau serait utile quand les sources lâchent, mais l’eau ne deviendrait pas potable par magie et les cuves demanderaient un entretien régulier. Les toilettes sèches paraissent l’option la plus pertinente dans les sites fréquentés. À une condition, il faut quelqu’un pour suivre derrière.
Et c’est bien là le bon curseur. Garder la rusticité de ces cabanes, sans les transformer en refuges trop confortables. Sur le GR91, un toit, un poêle et quatre murs suffisent souvent à donner l’impression du luxe.
