Sur les Hauts-Plateaux du Vercors, l’automne 2026 a tendu l’accès à l’eau. Pour randonneurs et éleveurs, le sujet devient franchement critique.
En bref
- Sur le GR91, certaines sources faiblissent fortement
- 3 litres peuvent ne pas suffire en automne
- Le problème touche aussi les troupeaux
Sur le GR91, il ne suffit plus de repérer une source sur la carte. Il faut savoir si elle coule encore. En septembre 2026, à la Fontaine du Play, en plein sur l’itinéraire, des marcheurs signalaient plus de 30 minutes pour obtenir un litre. Quelques jours plus tard, ce n’était plus qu’un goutte-à-goutte.
Quand une source sur le GR91 ne suit plus
Sur le terrain, ce genre de détail change tout. Vous comptez sur un point d’eau, vous ajustez votre charge, vous avancez. Et puis non. La Fontaine du Play, qui peut sembler être un ravitaillement évident sur le GR91, s’est retrouvée à un niveau de débit trop faible pour rassurer qui que ce soit.
Le plus frappant, c’est que le problème n’a rien d’anecdotique. Sur les Hauts-Plateaux du Vercors, l’eau est une donnée vitale, pas un simple confort de rando.
Un massif où l’eau disparaît vite sous les pieds
Le décor explique une bonne partie du casse-tête. Le massif du Vercors est calcaire et karstique, donc l’eau s’infiltre rapidement dans le sous-sol. Le Parc du Vercors recense une cinquantaine de sources sur les Hauts-Plateaux, mais seules 18 sont jugées quasi pérennes. Les 33 autres sont temporaires.
Bref, connaître l’emplacement d’une source ne garantit plus grand-chose. En automne, surtout sur une traversée engagée, cette nuance peut peser lourd.
Sur deux jours, le manque d’eau change toute la traversée
Je l’ai constaté pendant ma traversée. J’étais parti avec 3 litres d’eau, en pensant refaire le plein assez régulièrement. Mauvais calcul. J’ai dû me rationner pendant deux jours.
Après la Jasse du Play, nous n’avons trouvé aucun point d’eau réellement exploitable sur notre progression. Il a fallu attendre la fontaine de Bachasson, à proximité d’un bivouac de berger, pour pouvoir enfin refaire le plein. Une longue portion sans eau qui change complètement la gestion d’une étape.
Et il y a un piège que beaucoup sous-estiment au départ. L’eau ne sert pas seulement à boire. En autonomie, il faut aussi compter environ 200 à 250 ml pour un plat lyophilisé, plus 100 à 150 ml pour un petit-déjeuner. Du coup, pour un GR91 en septembre ou en octobre, une capacité de 4 à 5 litres sur les portions les plus isolées me paraît désormais bien plus réaliste, sans en faire une règle absolue. La température, l’étape et les possibilités réelles de ravitaillement changent la donne.
Le sujet dépasse largement les marcheurs
Une bergère croisée sur les Hauts-Plateaux me racontait aussi les difficultés pour abreuver les moutons et les patous. Certains troupeaux dépassent le millier de brebis, et le pastoralisme occupe environ 11 000 hectares. Pour sécuriser l’abreuvement, le Parc du Vercors utilise des impluviums et des réserves souples. Il arrive même que de l’eau soit acheminée par hélicoptère avant d’être distribuée dans des bacs.
Le contexte 2026 n’aide pas. En France, septembre a affiché un déficit de précipitations proche de 70 % depuis le début des mesures en 1958, derrière 1977 et 1985. L’ONU alerte aussi sur des tensions accrues autour de l’eau avec le changement climatique et sa raréfaction.
Il reste bien Refuges.info, où les randonneurs signalent l’état des sources et c’est précieux. Mais sur les Hauts-Plateaux du Vercors, le réseau mobile peut manquer précisément au pire moment. Une donnée aussi vitale gagnerait à être téléchargeable hors connexion et intégrée à des applis comme Komoot, avec la date du dernier relevé et le débit observé et cela partout en France.

GR91 : quand l’eau devient la ressource la plus précieuse des Hauts Plateaux du Vercors.