Derrière le podium de Tokyo, la marathonienne américaine Molly Seidel décrit la douleur, la pression et sa reconstruction, jusqu’à son record à Chicago.
En bref
- Le bronze de Tokyo n’a pas tout réglé
- Charge d’entraînement énorme, douleurs très présentes
- Chicago marque un vrai rebond personnel
La médaille n’a pas tout changé. C’est le point le plus fort du témoignage de Molly Seidel, 29 ans, médaillée de bronze olympique sur marathon à Tokyo. Avec son 2 h 27 min 46 s, l’Américaine est entrée dans l’histoire comme la troisième femme de son pays à monter sur le podium olympique après Joan Benoit et Deena Kastor. Mais elle raconte que ce bronze, censé tout valider, a aussi laissé un goût plus triste que prévu.
Le bronze, puis le contrecoup
Pour Molly Seidel, cette médaille a bien servi de repère. Elle dit, « c’était un bon marqueur pour réaliser que j’avais ma place ici, et que je pouvais être l’une des meilleures du monde ». Sauf que le podium n’a pas effacé ses difficultés, notamment ses problèmes de santé mentale. Elle explique même que gagner n’a rien réparé dans sa vie et ne l’a pas transformée en personne parfaite.
Et derrière, il y a eu le poids du statut. À chaque départ, ce n’était plus seulement Molly Seidel, mais « Molly Seidel, médaillée de bronze olympique ». Elle dit avoir fini par s’effondrer sous cette pression.
Un corps poussé très loin
Le volume d’entraînement donne le tournis. Molly Seidel affirme courir entre 209 et 217 km par semaine (130 à 135 miles), avec deux séances spécifiques marathon, deux sorties par jour tous les jours, et une sortie longue de 32 à 39 km (20 à 24 miles) le week-end.
À ça s’ajoutent deux grosses séances de renforcement par semaine et 30 à 60 minutes de mobilité chaque jour. Résultat ? Beaucoup de petits bobos, des muscles douloureux, des articulations raides. Avant les Jeux, elle s’entraînait sur une boucle très dure et raconte que cela lui avait détruit les genoux. Un physiothérapeute de l’équipe lui a alors montré une méthode de pose de KT Tape. Elle dit avoir ressenti un soulagement immédiat, puis avoir couru sans douleur jusqu’au bronze.
La pression a tout fait dérailler
Après Tokyo, tout ne s’est pas enchaîné comme prévu. Il y a bien eu un très bon marathon juste après, puis un abandon au Marathon de Boston, un forfait aux Championnats du monde à cause d’une fracture du sacrum, et une prise en charge pour troubles alimentaires pendant la seconde moitié de 2022.
La même année, elle a aussi reçu un diagnostic de TDAH. D’après elle, comprendre ce fonctionnement l’a aidée à mieux lire ses schémas personnels. Entre fin 2022 et début 2023, elle dit avoir connu une nette amélioration de sa qualité de vie.
Chicago, le rebond et une autre manière de courir
Le retour a été concret. À l’automne, sur le Marathon de Chicago, Molly Seidel a couru en 2 h 23 min 07 s, soit deux minutes de mieux que son ancien record, avec une place dans le top 10.
Son discours a changé aussi. Elle répète qu’on ne tient pas seul dans ce sport, qu’il faut un groupe, un partenaire de course, des proches qui rendent supportables les réveils à 5 heures et les longues sorties du dimanche. Elle le résume ainsi, « la motivation suit le mouvement ». Et puis cette phrase, plus simple, presque plus juste, « j’ai compris que je pouvais être heureuse et quand même très bien courir ».
KT Tape, outil physique et symbole marketing
Depuis les Jeux, elle dit utiliser KT Tape à chaque course et sentir une vraie différence sur le mouvement du genou. La marque a d’ailleurs lancé avec elle une édition limitée baptisée Rule #5, dessinée par son compagnon Matt Shapiro, avec une base Pro Extreme annoncée comme très adhérente et résistante à l’eau.
KT Tape met aussi en avant son club Strava, une vidéo de pose et assure être le choix numéro un de confiance chez les kinés, les préparateurs, les sportifs actifs et des milliers d’athlètes pros. Bon, le ruban ne règle pas tout. Pas la pression, pas les doutes. Mais dans le cas de Molly Seidel, il reste un appui très concret pendant qu’elle vise les dix prochaines années de sa carrière avec, cette fois, un peu plus de joie.