Fatigue mentale, jambes lourdes, sommeil en vrac : l’entraîneur Arnau Lloret détaille quand courir un peu, quand couper, et pourquoi ce n’est pas reculer.
En bref
- Fatigue mentale et physique ne racontent pas la même chose
- Un footing doux aide parfois, sans être obligatoire
- Un jour off ne fait pas perdre sa forme
Forcer une séance parce qu’elle est écrite au programme, c’est souvent là que ça dérape. Surtout chez les coureurs réguliers. Arnau Lloret, entraîneur running chez Kupaa, rappelle qu’on ne doit pas décider seulement avec la motivation du moment, mais avec ce que le corps renvoie vraiment.
Le piège du plan qu’on suit coûte que coûte
Il y a les jours où la tête est rincée après le boulot, et les autres, plus piégeux, où l’envie est là mais où les jambes ont déjà pris trop de charge. Arnau Lloret insiste sur cette différence entre fatigue mentale et fatigue physique. Si on mélange les deux, on risque de mal lire la situation et d’ajouter de la fatigue au lieu d’assimiler le travail déjà fait.
Le point important, c’est que la progression ne vient pas seulement du stress imposé à l’organisme. Elle dépend aussi de la récupération. Modifier une séance, voire la sauter, peut donc faire partie d’une bonne planification. Clairement, non, terminer ses 8 x 1.000 m à tout prix n’a rien d’une preuve de sérieux si le corps ne suit plus.
Quand un footing très doux peut suffire
Si la journée a été lourde mentalement mais que la fatigue musculaire reste modérée, Arnau Lloret juge qu’un petit footing peut passer. Son exemple est concret : remplacer une sortie prévue de 50 minutes par 25 à 30 minutes très faciles, avec une respiration confortable et la possibilité de parler sans gêne.
L’objectif, dans ce cas, n’est pas de performer. Juste de garder un peu de mouvement sans remettre une grosse couche. Il ajoute aussi que ce type d’effort léger peut améliorer l’humeur et réduire temporairement la perception du stress.
Les signaux qui doivent faire lever le pied
Mais quand la fatigue s’installe sur plusieurs jours, le décor change. Nuits trop courtes, entraînements habituels qui paraissent soudain anormalement durs, fréquence cardiaque plus haute que d’habitude sur une allure facile, douleurs musculaires qui traînent, baisse nette des performances, effort perçu disproportionné, tout ça mérite attention.
Un signal isolé ne suffit pas forcément. Plusieurs à la fois, pendant plusieurs jours, oui. Et si le tableau inclut fièvre, malaise marqué, vertiges ou symptômes de maladie, il faut éviter l’entraînement. Arnau Lloret le rappelle d’une phrase juste : « Se reposer un jour ne signifie pas perdre sa forme physique ».
Le test terrain de 10 à 15 minutes
Pour les journées floues, il propose un test simple : partir sur 10 à 15 minutes de trot très doux, puis faire le point. Si les sensations s’améliorent, que les jambes répondent et que la respiration reste facile, on peut finir par un footing court à basse intensité.
Si la faiblesse reste là, si l’effort paraît trop élevé pour un rythme très facile, on coupe et on rentre. Bref, ce mini-test sert à trancher l’hésitation, pas à ignorer un vrai épuisement.
La montre peut aider, pas décider à votre place
Dernier outil évoqué par Arnau Lloret, la technologie. Les données de montre, comme la fréquence cardiaque au repos ou la variabilité de fréquence cardiaque (HRV), peuvent aider à repérer une tendance individuelle.
Mais il met une limite nette : pas de décision automatique sur une seule mesure. La montre accompagne. Elle ne remplace ni les sensations, ni le sommeil, ni le bon sens.