Pour les 20 ans de l’UTMB, le photographe Alexis Berg publie un livre d’entretiens et d’images qui raconte comment cette course a changé le trail.
En bref
- L’UTMB fête ses 20 ans
- Alexis Berg publie un livre d’entretiens
- La course a changé le trail
En vingt ans, UTMB a pris une place folle. Au départ, une boucle de 171 km autour du Mont-Blanc. Aujourd’hui, un rendez-vous qui aspire une bonne partie du monde du trail vers Chamonix chaque mois d’août, avec plus de 10 000 coureurs répartis sur huit jours. Pas juste une course, donc. Un centre de gravité.
Une course née modeste, devenue la grande messe du trail
L’épreuve reine reste l’UTMB, la vraie, celle qui traverse la France, l’Italie et la Suisse sur un terrain technique avec près de 9 963 m de dénivelé positif. Mais autour, l’événement a grossi. On passe d’une course par équipes de 300 km, la PTL, à une formule de 15 km, l’ETC. Le tout forme un festival géant.
Et même prendre le départ n’a rien d’anodin. Il faut d’abord valider des critères de qualification, puis passer une loterie très disputée. Sur la ligne, les 2 500 partants de l’UTMB n’arrivent pas là par hasard.
Le livre qui remonte le fil des 22 vainqueurs
Pour cet anniversaire, Alexis Berg, qui photographie l’épreuve depuis dix ans, sort La Course en Tête, aussi annoncé en anglais sous le titre UTMB – The Race That Transformed a Sport. L’idée est simple et solide, raconter l’évolution de l’ultra-trail à travers les 22 vainqueurs des vingt premières années.
Le photographe explique qu’il voulait aller loin, pas faire un simple survol. Avec ces longs entretiens, il cherche à éclairer la course, les athlètes et le sport lui-même. Le livre est déjà proposé en précommande, en version française comme en version anglaise.
Ce que les gagnants ont en commun, et ce qui résiste encore
Ce que Alexis Berg retient est assez net. Les vainqueurs de l’UTMB sont souvent des gens de montagne, pas seulement des coureurs rapides. Le trail a changé, on voit arriver des profils issus de la piste, plus véloces, mais sur ce parcours-là ce sont encore les montagnards qui gagnent le plus souvent.
Autre point, plus subtil. Beaucoup ont déjà raté ici, avec une contre-performance ou un DNF. Et ils finissent par trouver la bonne fenêtre quand la pression redescend. Berg résume ça ainsi, pour réussir à l’UTMB, il faut presque courir libéré de l’idée de gagner.
Le mystère Colette Borcard, un nom à part dans l’histoire
C’est sans doute le portrait le plus fort. Colette Borcard, gagnante en 2004, avait très peu d’expérience en ultra. En Suisse, elle venait de la course de montagne, ces formats courts et rapides de 15 à 20 km. À 40 ans, elle se lance sur l’UTMB, sans entraînement de nuit, sans expérience des bâtons, et elle gagne.
Le plus étonnant, c’est l’après. Elle a disparu de la scène au point de devenir presque introuvable. Alexis Berg a fini par remonter jusqu’à sa famille sur Facebook, puis à son mari, parce qu’elle n’a même pas de téléphone.
Pourquoi ce livre compte aussi maintenant
Pendant que le livre arrive, Alexis Berg repart sur le terrain. Encore une nuit blanche ou presque, et 20 à 30 km à pied pour suivre les leaders. C’est assez parlant. L’UTMB n’est plus un simple rendez-vous d’initiés. Il y a la télévision, des hélicoptères, une machine énorme autour de la course.
Et c’est bien le fond du sujet. L’ambition des organisateurs, dès le début, était de changer le trail. Vingt ans plus tard, franchement, difficile de dire le contraire.