UTMB Mont-Blanc 2026, l’exploit fou de Julien Veysseyre au bout de la nuit

Julien Veysseyre UTMB 2026
Julien Veysseyre UTMB 2026 — Julien Veysseyre / PR-ADN

Premier amputé tibial à boucler le Hoka UTMB Mont-Blanc 2026, Julien Veysseyre a fini en 44h16 malgré la douleur et un abandon tout proche.

En bref

  • Julien Veysseyre boucle l’UTMB en 44h16
  • Premier amputé tibial finisher de l’épreuve
  • La course a failli s’arrêter au 60e km

À environ 60 km, tout pouvait s’arrêter. Julien Veysseyre raconte qu’il était mentalement à 98 % sur un abandon, plombé par une douleur réveillée sur son releveur valide et par une gêne dans la prothèse.

À 98 % vers l’abandon, puis le retour

Les 30 premiers kilomètres, il les a parcourus avec Thibaut Baronian. Dès Courmayeur, il lui disait qu’il n’avait pas de sensations et les jambes lourdes. Plus loin, lors du deuxième relais avec Alice Denuc, la douleur devient très forte, très tôt dans une course pareille. Résultat, il ne se voyait plus repartir.

Ce qui a changé la suite, c’est du concret. Des crèmes anti-inflammatoires d’abord, pour contenir la douleur. Puis un changement d’emboîture, parmi plusieurs modèles qu’il avait prévus, avec une version qui n’appuyait pas sur la zone la plus sensible. Et là, la machine est repartie, portée aussi par le staff et les guides.

Arrivee Julien Veysseyre UTMB 2026
Arrivee Julien Veysseyre UTMB 2026

Un chrono, une place, et surtout une première mondiale

L’arrivée, elle, restera. Julien Veysseyre a bouclé le Hoka UTMB Mont-Blanc 2026 en 44h16, au terme de 174 km et 10 000 m de D+. Il termine 1475e au scratch et 236e de sa catégorie.

Mais le chiffre le plus fort est ailleurs. Il devient le premier athlète amputé tibial à être finisher de cette épreuve mythique. Sur le papier, ça semblait improbable. Sur les sentiers, c’est devenu réel.

Guides, staff, public, la course à plusieurs

On parle souvent du trail comme d’un duel solitaire avec la montagne. Là, pas vraiment. Alice Denuc a sollicité des conseils du staff pour tenter de le soulager. Ensuite, Dorian, son troisième guide, l’a aidé à sortir de sa zone, selon ses mots, par sa « connerie ».

Et il y a eu le bord du chemin. Julien Veysseyre dit ne pas encore réaliser la ferveur de l’arrivée. Il explique avoir entendu son prénom crié, avoir reçu énormément d’encouragements, et ça, quand vous êtes au bout de vous-même, ça compte quand même énormément.

Le prix de deux à trois ans de travail

Ce finish, il le lit comme un immense soulagement. Il parle du prix du sacrifice et d’un travail acharné mené pendant deux à trois ans, avec un projet qui aboutit enfin. L’an dernier, engagé sur la CCC en 100 km, il n’avait pas connu un tel scénario.

Son récit est brutal, presque brut. Le corps détruit, l’impression de ne plus pouvoir mettre un pied devant l’autre, la douleur partout, et malgré ça la capacité à continuer. Bref, c’est aussi pour ça que cette arrivée pèse lourd. Parce qu’elle raconte un exploit, oui, mais surtout une course sauvée en plein naufrage.

Christophe Romei

Spécialiste Outdoor

Voyageur depuis toujours, coureur passionné, et randonneur récent, je partage ici mes aventures entre sentiers, routes et horizons.

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