Changer ses habitudes sportives : les clés neuroscientifiques pour réussir

Image d'illustration. Gros plan des pieds de coureurs sur le solGros plan des pieds de coureurs frappant le sol, capturant l'énergie et le mouvement dans des paysages montagneux.
Elke Geraerts, docteure en psychologie, partage ses conseils pour débuter la course à pied et insiste sur l’importance de la persévérance : selon elle, il suffit d’environ quatre semaines pour ressentir les premiers progrès et gagner en aisance.
Tl;dr
- Créer un nouveau habitude demande temps et répétition.
- Objectifs réalistes et progressifs facilitent la réussite.
- Toujours possible de débuter le running, à tout âge.
Un défi pour le cerveau : changer d’habitude
Pourquoi tant de bonnes résolutions, particulièrement celles liées au running, s’évanouissent-elles en quelques semaines ? Selon la docteure en psychologie et spécialiste de la résilience, Elke Geraerts, tout s’explique par le fonctionnement même du cerveau. « Notre cerveau ressemble à une jungle où certains chemins sont déjà tracés, faciles à emprunter, tandis que les nouveaux sentiers demandent plus d’efforts et de temps pour être créés », compare-t-elle. Construire une nouvelle routine sportive exige ainsi patience et persévérance : il ne suffit pas d’une seule tentative pour abandonner ses anciennes habitudes.
Le piège des objectifs irréalistes
Trop souvent, la motivation initiale se heurte à des ambitions disproportionnées. Pour Elke Geraerts, ce décalage entre aspirations et réalité constitue la principale raison de l’abandon prématuré. Beaucoup fixent une distance importante dès le départ ou rêvent d’un semi-marathon sans expérience préalable ; face à cette difficulté, la démotivation guette inévitablement. Elle insiste alors sur l’importance de « découper son objectif en étapes atteignables, célébrer chaque progrès pour renforcer l’engagement ». Par exemple, commencer par courir quinze minutes, puis viser progressivement les 5 puis 10 kilomètres.
Voici les points essentiels pour installer durablement un nouveau comportement :
- Démarrer avec des buts modestes, adaptés à son niveau initial.
- S’accorder du temps : compter plusieurs semaines avant que l’effort devienne plus aisé.
- Célébrer chaque étape franchie afin d’encourager la persévérance.
Cerveau sous stress : difficulté et paradoxe
Changer d’habitude lorsque le stress domine n’a rien d’aisé. En période tendue, les ressources mentales sont limitées ; le cerveau peine alors à libérer suffisamment de volonté pour maintenir une nouvelle routine sportive. Toutefois, souligne Geraerts, pratiquer une activité physique telle que le running aide précisément à éliminer les hormones du stress comme le cortisol. Ainsi, malgré les obstacles initiaux accrus sous pression, l’effort physique reste un allié précieux contre l’anxiété.
Aucune limite d’âge pour progresser
Enfin, rassurant celles et ceux qui doutent de leur capacité à débuter tardivement : il n’est jamais trop tard pour adopter un nouveau mode de vie actif. Le cerveau conserve sa flexibilité jusqu’à un âge avancé. Plusieurs témoignages cités par la spécialiste confirment cette réalité : « J’ai vu nombre de personnes débuter le sport bien après soixante ans et s’entraîner avec succès pour des marathons ». À condition d’une mentalité ouverte au changement, chaque étape peut être franchie, quelle que soit la date du premier pas.
