Entre hautes vallées du Mercantour et arrivée face à la mer à Menton, le GR52 aligne 160 km et près de 10 000 m de dénivelé.
En bref
- 160 km en 7 étapes
- Près de 10 000 m de dénivelé
- Du Mercantour à la Méditerranée
Traverser le parc national du Mercantour jusqu’à la Méditerranée est une aventure que peu de randonneurs oublient. Le GR52 offre une immersion complète dans des paysages d’une incroyable diversité : vallées glaciaires, lacs d’altitude, cols à plus de 2 400 mètres, forêts de mélèzes, alpages, villages perchés et, en point d’orgue, une arrivée face à la mer à Menton. Réalisé en une semaine, ce parcours d’environ 160 km cumule près de 10 000 mètres de dénivelé positif. Une randonnée exigeante, mais accessible à tout marcheur correctement préparé.
De nombreux points d’eau jalonnent le parcours, facilitant le ravitaillement tout au long de la randonnée. En revanche, les deux dernières étapes sont plus sèches et nécessitent de prévoir une réserve d’eau suffisante.
Étape 1 – Saint-Dalmas-Valdeblore > Gîte du Boréon
Distance : environ 22 km
Temps : 8 à 9 h
Le GR52 débute fort avec une montée régulière vers le col de Salèse avant de plonger dans le vallon de la Vésubie. Les premiers kilomètres permettent rapidement de s’éloigner de la civilisation et de découvrir les paysages typiques du Mercantour. Les chamois sont souvent au rendez-vous en fin de journée. Ce gîte est sans doute l’une des plus belles adresses de cette aventure : un accueil chaleureux, un service de qualité et une capacité d’une cinquantaine de places réparties dans neuf chambres impeccables, idéales pour récupérer après cette première grande étape.

Étape 2 – Gîte du Boréon > Chalet de la Madone de Fenestre
Distance : environ 12 km
Temps : 5 à 7 h
Cette étape est l’une des plus alpines. L’ascension du Pas des Ladres (2 448 m) demande un bon effort mais offre un panorama exceptionnel sur les sommets environnants. La descente est parfois exigeante, mais l’arrivée au chalet-refuge de la Madone de Fenestre est une véritable récompense.
Niché au cœur d’un majestueux amphithéâtre alpin dominé par le Gélas (3 143 m), le plus haut sommet des Alpes-Maritimes, le site est exceptionnel. Le refuge constitue une halte agréable, même si les dortoirs ainsi que les espaces sanitaires (douches et toilettes) gagneraient à être modernisés pour offrir davantage de confort. En revanche, la qualité des repas est remarquable, un atout précieux pour reprendre des forces après une belle journée de marche.


Étape 3 – Chalet de la Madone de Fenestre > Refuge de Nice
Distance : environ 6 km
Temps : 3 à 5 h
Cette troisième étape est l’une des plus spectaculaires du GR52. Dès les premiers kilomètres, le sentier s’élève en direction du Pas du Mt Colomb (2 548 m), point culminant de la journée. L’ascension est soutenue (710Mm dénivelé positif, 390m dénivelé négatif) mais régulièrement récompensée par des panoramas grandioses sur les sommets du Mercantour. Au fil de la progression, les paysages deviennent de plus en plus minéraux. Les lacs glaciaires se succèdent dans un décor de haute montagne où les bouquetins et les chamois sont fréquemment observés. Le silence et l’immensité des lieux renforcent le caractère sauvage de cette étape. Vous pouvez rencontré en juin encore des névés.
La descente vers le refuge de Nice, installé au bord du lac de la Fous, est plus douce amis exigeante et permet de profiter une dernière fois des magnifiques paysages d’altitude. Confortable et idéalement situé, le refuge est une étape très appréciée des randonneurs, offrant une vue imprenable sur les montagnes environnantes et un cadre parfait pour récupérer avant de poursuivre vers la vallée des Merveilles. Le confort est remarquable car le refuge a été refait, l’équipe d’accueil est parfaite !


Étape 4 – Refuge de Nice > Refuge des Merveilles
Distance : environ 10 km
Temps : 4 à 6 h
Courte par sa distance mais riche en émotions, cette étape est souvent considérée comme l’une des plus belles du GR52. Après avoir quitté le refuge de Nice, le sentier franchit la Baisse du Basto avant de traverser un univers minéral ponctué de nombreux lacs d’altitude aux eaux cristallines, on démarre pour atteindre 2640m. Au fil de la progression, les panoramas se succèdent entre sommets granitiques, pelouses alpines et vallons sauvages. Il n’est pas rare d’apercevoir des bouquetins ou des chamois évoluer sur les pentes rocheuses.
L’arrivée au refuge des Merveilles marque l’entrée dans l’un des sites les plus emblématiques du parc national du Mercantour. À proximité se trouve la célèbre vallée des Merveilles, connue pour ses milliers (50 000 répertorié y compris GPS) de gravures rupestres pas facile à trouver 🙂 datant de l’âge du Bronze. Après une journée au cœur d’une nature préservée, le refuge constitue une excellente halte avant de poursuivre l’aventure vers les reliefs plus méditerranéens du GR52.
Le refuge doit être entièrement rénové cette année (2026) et offrira bientôt des conditions d’accueil modernisées pour une capacité d’environ 80 randonneurs, à la hauteur de ce site exceptionnel. Il est également le seul refuge du parcours à disposer d’une connexion satellitaire, réservée toutefois à son fonctionnement interne et non accessible aux randonneurs.



Étape 5 – Refuge des Merveilles > Camp d’Argent
Distance : environ 15 km
Temps : 6 à 8 h
Après l’ambiance minérale de la vallée des Merveilles, cette étape marque une transition progressive vers des paysages plus boisés et méditerranéens. Le sentier alterne passages en altitude, crêtes panoramiques et forêts de mélèzes avant de rejoindre les vastes espaces du massif de l’Authion.
Les points de vue sont nombreux tout au long du parcours, avec des panoramas qui s’étendent sur les sommets du Mercantour et, par temps dégagé, jusqu’à la Méditerranée. Cette journée, moins technique que les précédentes, permet d’apprécier pleinement la diversité des paysages traversés. L’arrivée à Turini – Camp d’Argent offre un cadre paisible pour récupérer avant les deux dernières étapes du GR52. C’est une station de ski en hiver qui est la plus proche de la Côte d’Azur.
Situé en pleine montagne, l’auberge l’Estive constitue une halte confortable et appréciée des randonneurs, vous pourrez avoir un moment de repos avec boissons, fruits… C’est aussi l’occasion de profiter d’une dernière soirée en altitude avant d’entamer la longue descente vers Sospel puis l’arrivée à Menton.


Étape 6 – Camp d’Argent > Sospel
Distance : environ 18 km
Temps : 6 à 7 h
Cette étape marque la transition entre la haute montagne et les premiers paysages méditerranéens. Après quelques kilomètres sur les crêtes, le GR52 entame une longue descente très raide de plus de 1 300 mètres de dénivelé négatif en direction de Sospel. Le sentier devient progressivement plus rocailleux et sollicite fortement les jambes, notamment sur les derniers kilomètres. Les forêts de pins, les chênes verts et la végétation méditerranéenne remplacent peu à peu les paysages alpins, tandis que les températures augmentent sensiblement en été.
L’arrivée à Sospel est particulièrement appréciée après plusieurs jours en refuge. Ce village de caractère offre tous les services nécessaires aux randonneurs : hébergements, restaurants, commerces et fontaines. C’est l’endroit idéal pour récupérer avant la dernière étape qui mènera jusqu’à la Méditerranée et l’arrivée à Menton.
À Sospel, les solutions d’hébergement pour les randonneurs sont limitées. Il n’existe ni refuge ni gîte d’étape sur le parcours ; les principales options sont des appartements de type Airbnb en centre-ville (Riverside Apartments par exemple) qui sont très bien ou des campings situés à l’extérieur, nécessitant un détour. Il est donc préférable d’anticiper cette étape et de réserver son hébergement à l’avance. C’est regrettable, car l’absence d’une véritable structure d’accueil dédiée aux randonneurs contraste avec la qualité des étapes précédentes et laisse un léger goût d’inachevé.


Étape 7 – Sospel > Menton
Distance : environ 16 km
Temps : 5 à 7 h
Le dernier jour réserve une descente particulièrement technique sur un sentier très pierreux, prévoir s’il fait chaud minimum 2L d’eau. Puis, au détour d’un virage, la Méditerranée apparaît. Cette dernière étape du GR52 relie les Alpes à la Méditerranée. Après une montée régulière vers le col du Berceau, les premiers panoramas sur la baie de Menton et la mer récompensent les efforts de la semaine. C’est un moment marquant : après plusieurs jours en montagne, l’horizon s’ouvre enfin sur le littoral.
La descente vers Menton est en revanche la plus technique du parcours. Sur plusieurs kilomètres, le sentier est particulièrement pierreux et demande de rester vigilant jusqu’à l’arrivée, cela me rappelle des étapes du GR20. Les bâtons de randonnée sont un véritable atout pour préserver les jambes et garder un bon équilibre.
Les derniers kilomètres traversent les hauteurs de Menton avant de rejoindre progressivement le front de mer. L’émotion est bien présente lorsque l’on atteint la Méditerranée : elle marque l’aboutissement d’une semaine de marche au cœur du Mercantour. Entre paysages alpins, vallées sauvages, lacs d’altitude et villages de caractère, le GR52 offre une traversée variée qui restera longtemps gravée dans la mémoire des randonneurs. À l’approche de Menton, le balisage devient plus discret et parfois difficile à suivre. Quelques repères supplémentaires sur les derniers kilomètres faciliteraient l’arrivée des randonneurs.


Les chiffres clés du GR52
- Distance : environ 160 km
- Durée : 7 jours
- Dénivelé positif : près de 10 000 m
- Point culminant : Pas des Ladres (2 448 m)
- Arrivée : Menton, au bord de la Méditerranée
- Difficulté : soutenue
Quelle est la meilleure période ?
La période idéale s’étend de fin juin à fin septembre. Avant cette période, certains cols peuvent encore être enneigés. En juillet et en août, les journées sont longues mais les températures peuvent dépasser les 30 °C sur les dernières étapes, notamment entre Camp d’Argent, Sospel et Menton. L’un des principaux atouts d’un départ en juin est la faible fréquentation des sentiers et des refuges, offrant une expérience plus calme et immersive. En contrepartie, il faut rester vigilant, car certains cols et passages d’altitude peuvent encore être encombrés de névés.
Mon retour d’expérience
Après avoir parcouru le GR20, le GR34 et plusieurs autres itinéraires, le GR52 m’a surpris par la diversité de ses paysages. En seulement quelques jours, on passe des vallées glaciaires aux forêts, des lacs d’altitude aux crêtes rocheuses, avant de terminer face à la Méditerranée. Les refuges sont accueillants, la faune et la flore est omniprésente comme les chamois, bouquetins, renards, marmottes et chaque étape possède sa propre identité. Ce trek mérite largement sa réputation et constitue, à mes yeux, l’une des plus belles traversées de montagne accessibles en France.
Il convient également de saluer le remarquable travail réalisé par les équipes bénévoles de la ffrandonnée en charge de l’entretien du GR52. Sur la grande majorité du parcours, le balisage est clair, régulier et particulièrement rassurant, contribuant pleinement à la qualité de cette traversée. Un travail souvent discret, mais essentiel, qui mérite d’être souligné tant il facilite la progression des randonneurs.«
Ce retour d’expérience n’est qu’un aperçu de cette aventure. Retrouvez sur aventurier.fr, via le tag GR52, de nombreux articles consacrés à la préparation et à la réussite de ce trek : choix des chaussures, hydratation, alimentation, sommeil en refuge, équipement, navigation, récupération et tests de matériel réalisés directement sur le terrain. Autant de conseils pratiques pour préparer votre traversée dans les meilleures conditions.