Courir contre la graisse localisée, ce que dit vraiment la science

Allée de jogging dans un parc
Image d'illustration. La science nuance l’effet du running. — ADN

Le running aide à perdre du gras, oui. Mais pour la graisse localisée et la cellulite, le constat est plus nuancé, avec une vraie limite du côté scientifique.

En bref

  • Courir ne cible pas une zone précise
  • La graisse localisée n’a pas toutes la même origine
  • Le running aide, sans faire de miracles

On aimerait tous que ça marche comme ça. Quelques sorties, un peu plus de rythme, et la graisse des cuisses ou du ventre s’en va là où ça gêne. Sauf que pour la graisse localisée, la réalité est plus têtue.

Le piège de l’attente ciblée

Chez beaucoup de coureuses qui démarrent le running pour perdre du poids, l’idée revient souvent, courir ferait fondre la graisse là où elle s’accumule le plus. José López Chicharro, professeur à l’Université Complutense de Madrid, rappelle pourtant que ce stockage local peut exister même avec un faible taux de graisse global.

Autrement dit, on peut être mince au sens général du terme et garder des zones plus chargées, notamment au niveau des cuisses. C’est frustrant, mais ce n’est pas anormal.

Deux formes de graisse localisée, et pas la même logique

L’analyse de José López Chicharro, dans son livre coécrit avec Domingo Sánchez et publié chez Prowellness, distingue deux cas. D’un côté, l’adiposité localisée dite primaire, très liée à l’environnement hormonal et à la génétique. Elle touche souvent les fessiers et les cuisses, ce qu’on appelle couramment les culottes de cheval.

De l’autre, il y a l’adiposité localisée secondaire. Là, les habitudes alimentaires et la sédentarité pèsent davantage. Elle apparaît plus volontiers au niveau des bras, du menton ou de l’abdomen.

Et la différence compte. La forme secondaire répond plutôt bien à une combinaison alimentation plus exercice. La forme primaire, elle, résiste beaucoup plus à la diète comme à l’entraînement.

Pourquoi on ne choisit pas l’endroit où l’on maigrit

Le point le plus net, c’est celui-là. Aujourd’hui, il n’existe pas de preuve montrant que les acides gras sont libérés en plus grande quantité depuis les zones situées juste à côté des muscles qui travaillent.

José López Chicharro donne un exemple très parlant, le bras dominant d’un joueur de tennis n’a pas moins de graisse sous-cutanée que l’autre, malgré une activité musculaire quotidienne plus importante. En gros, quand on perd du gras, la baisse semble se faire de manière assez homogène dans l’organisme.

Cellulite, running et santé, ce qu’on peut vraiment attendre

La bonne nouvelle, quand même, c’est qu’une diminution plus marquée de la graisse intra-abdominale accompagne souvent la perte de poids. Et cette graisse-là est celle qui est le plus associée aux maladies métaboliques.

Pour la cellulite ou les amas localisés, le discours est plus sobre. Courir aide, oui. José López Chicharro estime même que c’est un outil bénéfique pour la santé globale. Mais il ajoute aussi, de façon très directe, « la course ne va pas résoudre ce tableau clinique compliqué ».

Résultat ? Pas de miracle. La course a beaucoup d’atouts, mais sur la graisse localisée, elle doit s’ajouter à un bon plan alimentaire et, parfois, à des mesures esthétiques.

Christophe Romei

Spécialiste Outdoor

Voyageur depuis toujours, coureur passionné, et randonneur récent, je partage ici mes aventures entre sentiers, routes et horizons.

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Métabolisme Perte de poids Running

Lisez Aventurier.fr en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources