Déchets en randonnée : les bons gestes pour ne laisser aucune trace

Kit déchets dans un sac de trek
Image d'illustration. Le matériel inclut aussi la gestion des déchets. — ADN

En randonnée autonome, gérer ses déchets fait partie du matériel. Emballages, papier toilette, eaux usées, excréments, tout se prépare avant le départ.

En bref

  • Tout déchet doit repartir avec vous
  • Les règles changent selon le terrain
  • Préparez aussi papier toilette et eaux usées

Un bivouac peut paraître nickel à 20 heures, puis raconter une tout autre histoire à la fonte des neiges ou après deux semaines de passage. C’est là que le sujet devient concret. En rando autonome, les déchets ne sont pas un détail de fin de journée, ils font partie du plan dès la maison.

Le sac poubelle fait partie du paquetage

Avant même de fermer le sac, il faut penser volume et retour. Retirer les suremballages, ajuster les portions, prévoir un contenant solide et fermé pour les restes, les épluchures, les sachets de lyophilisé ou les emballages de barres, tout ça change la donne. Même un déchet dit biodégradable ne doit pas finir au bord du sentier.

Sur plusieurs jours, le plus propre reste un rangement distinct pour les déchets sanitaires, séparé de la nourriture et de l’eau potable, avec au besoin une protection extérieure étanche. Et dans les Hauts-Plateaux du Vercors, le message est net, rien ne reste sur place, pas même dans les cabanes-abris. Une cabane n’est pas une poubelle.

Brûler, enterrer, laisser sur place, les faux bons plans

Le feu de bivouac n’efface rien. Il laisse souvent des déchets à moitié brûlés, attire les animaux, et pour le papier toilette, ajoute un vrai risque d’incendie. Dans le Vercors, de toute façon, les feux sont interdits. Mais les poêles dans les cabanes peuvent être un moyen de bruler ses déchets, plutôt que les abandonner sur le parcours !

Enterrer les emballages ou les restes de repas, ce n’est pas mieux. Les animaux peuvent les déterrer. Bref, la règle simple tient bien sur le terrain, tout ce qui est alimentaire ou matériel repart avec vous.

Pour les besoins naturels, le terrain décide

S’il y a des toilettes, utilisez-les. Sinon, il faut vérifier les consignes locales avant le départ, parce qu’il n’existe pas de méthode valable partout. La FFRandonnée recommande, lorsque l’enfouissement est autorisé, un trou de 15 à 20 cm dans un sol meuble, loin de l’eau, des bivouacs et des sentiers. Le repère souvent repris c’est environ 60 cm.

Mais sur un sol rocheux, gelé, très mince, ou dans un secteur très fréquenté, creuser n’a parfois aucun sens. Le conseille alors est de remporter les déjections dans certains lieux. Même logique aux États-Unis, où les parcs n’appliquent pas tous la même règle. À Guadalupe Mountains National Park, certains secteurs imposent des sacs sanitaires commerciaux et interdisent les trous. À Great Basin, l’enfouissement reste admis selon les consignes du parc, avec récupération du papier toilette.

Sacs sanitaires, toilettes sèches et eau de vaisselle, rien d’anodin

Les kits type WAG bag sont utiles, surtout en zone isolée ou très fréquentée. Il faut juste prévoir assez de sacs pour tout le séjour, une marge, et vérifier où les jeter au retour. Tous ne vont pas dans n’importe quelle poubelle, et un kit avec plastique ou gélifiant ne se vide pas dans des toilettes.

Toilettes_GR20
Sur le GR20, les toilettes sèches économisent l’eau et contribuent à préserver un environnement montagnard fragile.

Même vigilance avec les toilettes sèches. Dans le Parc national des Écrins, on rappelle que le froid ralentit le compostage en montagne, donc il faut suivre l’affichage et ne rien y jeter d’autre. Et pour finir, l’eau de vaisselle compte aussi, comme l’hygiène des mains. On retire les restes pour les remporter, on se lave loin d’un cours d’eau, et avant de quitter le spot, on inspecte tout. Les micro-déchets aussi.

Gérer ses déchets en autonomie demande donc un peu d’organisation.

Et si le kit déchets devenait aussi indispensable que la trousse de secours ? Les sacs sanitaires avec absorbant ou gélifiant facilitent le transport des déjections lorsque l’enfouissement est impossible ou interdit. Pour plusieurs jours, quelques éléments suffisent à constituer un kit pratique : des sacs adaptés, une poche extérieure résistante et un rangement séparé des aliments.

L’innovation pourrait aussi passer par une carte accessible hors ligne, recensant les toilettes disponibles, les règles locales et les points de collecte autorisés. L’objectif : faciliter chaque étape, du recueil des déchets à leur élimination au retour.

Christophe Romei

Spécialiste Outdoor

Voyageur de toujours, coureur par plaisir, passionné de montagne et de grands itinéraires : je partage ici mes aventures, entre sentiers, routes et horizons.

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