Parti à 5 heures ce jeudi, Aurélien Dunand-Pallaz vise le record du GR20. Un énorme contre-la-montre à suivre en direct sur GPS.
En bref
- Aurélien Dunand-Pallaz vise le record du GR20
- 166 km et plus de 12 000 m D+
- Suivi GPS en direct via Compressport
166 kilomètres, plus de 12 000 mètres de dénivelé positif, une ligne à tenir avant vendredi 10 h 46 min 20 s. Voilà le décor. Depuis 5 heures ce jeudi 24 septembre, Aurélien Dunand-Pallaz s’est lancé sur le GR20, de Calenzana à Conca, avec un objectif très simple sur le papier, beaucoup moins sur les rochers corses, battre le temps de François D’Haene.
Un chrono presque irréel à aller chercher
La référence est énorme. En juillet, François D’Haene a fait tomber le record du GR20 (avec ses 166 km et 12 180 m de dénivelé positif, ) en 29 h 46 min 20 s, mieux que l’ancienne marque de Lambert Santelli, fixée à 30 h 25 en 2021.
Du coup, pour prendre la main, Aurélien Dunand-Pallaz doit rejoindre Conca avant vendredi 25 septembre à 10 h 46 min 20 s. Sur l’un des itinéraires les plus techniques d’Europe, le défi a quelque chose d’un immense contre-la-montre en montagne, sans vrai répit.

Une préparation pensée pour le terrain corse
Le Savoyard de 33 ans n’arrive pas là par hasard. En 2023, il a remporté la Hardrock 100 et la Diagonale des Fous. Et en juillet dernier, il a aussi gagné l’Ultra-Trail di Corsica, dans la Restonica, sur 110 km pour 7 200 m D+.
Cette course faisait partie d’une préparation ciblée. Ces derniers mois, il a privilégié les terrains très escarpés et les longues sorties sur terrain cassant. Son projet, en réalité, date de plusieurs années. Une première tentative prévue en 2025 avait été repoussée à cause d’une blessure, puis il a enchaîné les reconnaissances pour verrouiller les passages techniques, les trajectoires et les points de ravitaillement.
Une course gérée d’abord aux sensations
Ce qui est intéressant, c’est sa méthode. Il ne veut pas partir en regardant en permanence le chrono de François D’Haene. D’abord, il compte courir aux sensations.
Deux repères doivent quand même peser lourd. Le col de Vergio, où le recordman était passé après environ huit heures, puis Vizzavona, atteint après environ 15 h 30. Ce n’est qu’après cela que ses pacers devraient lui donner régulièrement ses écarts avec le record.
Mais fin septembre change la donne. Les nuits sont plus longues qu’en juillet, et Aurélien Dunand-Pallaz estime devoir passer environ 2 h 30 de plus dans l’obscurité. En échange, il peut profiter de températures potentiellement plus favorables. Pas mal de choses peuvent se jouer là-dessus.
Le suivre en direct, avec la part d’incertitude de la montagne
La tentative, baptisée Game of Stones, se suit en temps réel grâce au tracking GPS (InReach) mis en place par Compressport. La carte Garmin est intégrée à la page officielle de l’opération.
Bon, en montagne, il faut garder une petite marge d’interprétation. La transmission GPS peut afficher un léger décalage. Reste l’essentiel, pendant près de trente heures, un simple point avance sur la carte, et derrière ce point il y a des années de préparation, des sentiers corses très cassants, et un chrono qui ne pardonne rien.