Parti de Curaçao puis des Pays-Bas plats,Farley Rimon a bouclé l’UTMB, 174 km et 10.000 m de dénivelé, devenant le premier finisher de l’île.
En bref
- Farley Rimon a fini l’UTMB
- Première historique pour Curaçao
- Une préparation bricolée puis affinée
174 km, 10.000 mètres de dénivelé positif, deux nuits ou presque dehors. Et au bout, une première qui pèse lourd pour Curaçao. Farley Rimon a bouclé l’UTMB et devient le premier finisher de l’île sur cette course qui obsède pas mal de trailers dès qu’ils regardent vers les Alpes.
Ce n’est pas juste une histoire de dossard accroché à Chamonix. Chez Farley, il y a aussi ce mélange très trail, très terrain, entre ambition, débrouille et plaisir de courir. Il anime la communauté Run Far, et son arrivée raconte un truc simple, mais fort, on peut viser l’ultra le plus connu d’Europe même quand on ne vient ni d’un massif, ni d’un pays taillé pour le dénivelé.
Une ligne d’arrivée qui compte plus qu’un chrono
L’UTMB, pour beaucoup, c’est le sommet symbolique. Une course longue de 174 km, avec 10.000 m de D+, à travers trois pays, et cette promesse un peu folle de passer deux nuits à courir dans les montagnes européennes. Farley le dit à sa manière, ce genre d’épreuve commence comme un rêve bien avant le départ.
Mais le plus parlant, ici, c’est le contraste. L’homme qui franchit cette ligne ne vient pas d’un territoire gavé de sentiers alpins. Il vient de Curaçao, une île longue d’environ 60 km, dont le point culminant, le Christoffelberg, monte à 375 m.
Le déclic d’un coureur venu d’une île presque sans relief
Avant l’ultra, il y a eu 2020. Farley sortait d’une période très chargée entre études, bénévolat et missions de conseil, avec un besoin plus net de liberté. La nature lui offrait cet espace, puis un livre, The Rise of the Ultra Runners d’A. Finn, a fait le reste. Derrière, il enchaîne les marathons, part en échange au Chili pour passer un maximum de temps en montagne et en ski de fond, puis revient aux Pays-Bas.
Le décor n’aide pas vraiment. Après Curaçao, les Pays-Bas restent désespérément plats. Le vrai déclic arrive lors d’un trajet à vélo vers le plus grand skatepark outdoor d’Europe, entre les Pays-Bas et le Luxembourg. Il croise un ultra-runner, lui demande comment s’y mettre, et repart avec un conseil minuscule, mais décisif, commencer. Un an plus tard, en 2024, il se lance enfin sur ultra.
Préparer l’impréparable sur terrain plat
Bon, préparer une course comme l’UTMB sans montagnes, c’est tout sauf propre. À côté d’un travail à temps plein, Farley apprend chez Trail.nl, affine nutrition et matériel avec Dirk, échange avec Jan Dirk, Shaun, Diogo Martins et reçoit aussi un sérieux coup de pouce de Tom Biermann. Ce réseau lui évite, dit-il en gros, d’arriver au départ sans plan nutrition, sans renforcement, et avec une seule sortie longue de 20 km.
Le parcours n’a pas été linéaire. En 2025, il cumule rupture des ischios, tendons sursollicités, puis fracture de stress en octobre. Quand il apprend en janvier 2026 qu’il est pris sur l’UTMB, il ne choisit pas de s’entraîner plus, il choisit de s’entraîner mieux. Séances de tapis en côte pendant 1 à 3 heures, course presque quotidienne, volume entre 75 et 150 km par semaine, et escapades vers de vrais sentiers comme le N70 à Nijmegen.
Son fil rouge, c’est l’endurance musculaire, celle qu’il relie aussi à la victoire de Tom Evans en 2025. Clairement, tout ça ne garantit rien sur 174 km. Mais cette fois, ça a suffi pour écrire une première.