A Paris, Bordeaux et Marseille, HOKA et Sine Qua Non lancent des lieux gratuits pour aider les femmes à courir plus librement.
En bref
- Des lieux gratuits pour les runneuses
- Départ à Paris, Bordeaux et Marseille
- Des runs collectifs complètent le dispositif
Pour pas mal de femmes, une sortie running commence par des calculs. L’heure. La tenue. Le trajet. Le sac qu’on ne sait pas où poser. Et parfois, le renoncement. C’est sur ce terrain très concret que HOKA et l’association Sine Qua Non lancent les Stations, un réseau de lieux partenaires pensé pour aider les femmes à courir en ville plus librement.
Courir, et déjà composer avec la ville
Le constat est rude. Deux femmes sur trois ont déjà renoncé de façon répétée à courir dans l’espace public parce qu’elles ne s’y sentaient pas en sécurité. Chez les 18-24 ans, on grimpe à huit sur dix. Ce n’est pas un détail, c’est une barrière.
A cela s’ajoute tout le reste, plus banal en apparence, mais usant. Où se changer après le travail ? Où trouver des toilettes, remplir une gourde, laisser ses affaires ? Ces besoins valent pour tous les runners, bien sûr. Mais pour les femmes, ils viennent souvent se coller à une autre couche de contraintes, celle de l’insécurité. HOKA et Sine Qua Non veulent agir là-dessus, sur les conditions qui permettent vraiment de prendre sa place dans la ville.

Des Stations comme points d’appui sur le parcours
Le principe est simple, et franchement malin. Des cafés, commerces, boutiques ou espaces sportifs deviennent des points d’appui avant, pendant ou après la sortie.
Selon les lieux, les services sont proposés gratuitement. On peut y déposer un sac, accéder à des toilettes, se changer, remplir sa gourde, trouver de quoi se ravitailler, récupérer des protections périodiques, recharger un téléphone, souffler un moment ou demander de l’aide si besoin.
Bref, pas un gadget. Plutôt une réponse pratique à ce que beaucoup bricolent déjà seules.
Paris, Bordeaux, Marseille, un premier maillage très concret
Le réseau démarre dans trois villes. A Paris, il passe notamment par les boutiques HOKA Le Marais et Opéra. A Bordeaux, on retrouve Bien Public. A Marseille, le point cité est La Place des Vieilles Canailles.
Ce premier maillage reste limité, évidemment. Mais il a le mérite d’exister tout de suite, avec des adresses identifiées, pas seulement une promesse de plus sur le papier.
Courir ensemble pour reprendre la rue
Le projet ne s’arrête pas aux portes où l’on peut entrer. En parallèle, Sine Qua Non pousse aussi ses Squads, des runs collectifs mixtes organisés chaque mois.
L’idée est d’offrir un cadre d’entraide, sans pression de performance, pour commencer, reprendre ou continuer la course à pied. Ces rendez-vous servent aussi à découvrir des itinéraires et à faire vivre une pratique engagée contre les violences sexistes et sexuelles. En gros, les Stations facilitent la logistique, les Squads renforcent le collectif. Et les deux racontent la même chose, une ville où courir ne demande plus autant d’adaptations.