De Los Angeles à New York, ce coureur vise un record et plus

Coureur minuscule sur une route américaine
Image d'illustration. Un record est visé sur la traversée des Etats-Unis. — ADN

Le 1er mars, Paul Johnson part de Santa Monica pour traverser les États-Unis en courant. Derrière le record visé, il met la santé mentale des militaires au premier plan.

En bref

  • Paul Johnson part le 1er mars
  • Objectif, battre le record transcontinental
  • Santé mentale des militaires en ligne de mire

120 kilomètres par jour, pendant 40 jours. C’est le programme que s’est fixé Paul Johnson, un officier de marine en service, qui doit partir le 1er mars depuis Santa Monica pour rallier Times Square à New York. Sur le papier, ça ressemble déjà à une folie. En vrai, c’est presque trois marathons par jour, sans pause, jusqu’au bout du continent.

Quarante jours à un rythme presque absurde

Son tracé suit la grande traversée américaine, environ 4 828 kilomètres au total, soit 3 000 miles. Le record officiel à battre appartient à Pete Kostelnick, qui avait couvert la distance en 42 jours en 2016. Paul Johnson, lui, vise mieux.

Il en parle avec un ton léger, presque décalé, en résumant son rôle à « Mon seul travail, c’est manger, courir et dormir. Et sans doute beaucoup me plaindre aussi ». Mais derrière la blague, le chantier est colossal.

Le vrai moteur, la santé mentale des militaires

Le plus important, pour lui, n’est même pas le chrono. Il explique voir le record comme une quête secondaire. Sa vraie mission consiste à attirer l’attention sur la santé mentale des militaires en activité et des anciens combattants, tout en levant des fonds pour Team Red, White et Blue, dont il est ambassadeur.

Le sujet est intime. Paul Johnson raconte qu’il vit encore avec de l’anxiété, de la dépression et des troubles du sommeil. Et il insiste sur un point, ce n’est pas un cas isolé. Beaucoup de ses amis, beaucoup de marins autour de lui, traversent les mêmes difficultés. L’alcool, dit-il, devient souvent la solution de facilité, d’autant que la drogue entraîne une exclusion immédiate de la marine.

Le déclic est venu d’un marathon

Son basculement remonte à la préparation du Marine Corps Marathon en 2022 avec un ami. Là, quelque chose s’est remis en place. Il résume ce moment très simplement dans une phrase parlante, « Je me suis dit que je ne pouvais pas être en gueule de bois, sinon je ne pourrais pas bien courir le lendemain ».

La course a alors pris la place de l’alcool. Mieux, elle lui a redonné un cap. Tous deux ont bouclé ce marathon sous les trois heures, avec à la clé une qualification pour le Boston Marathon. Et il devra d’ailleurs finir sa traversée avant le 15 avril, puisqu’il y est inscrit.

Une prépa militaire, et une équipe derrière

Depuis le 1er novembre 2023, son entraînement a monté d’un cran. Semaines à plus de 160 kilomètres, puis 209 à 240, autour de 273, jusqu’à des blocs entre 321 et 482 kilomètres. Clairement, on n’est plus dans le simple volume d’entretien.

Ses journées commencent à 3 heures du matin. Première sortie à 3 h 30 ou 4 heures, entre 16 et 32 kilomètres avant le travail. Trois séances de salle par semaine. Puis encore 16 à 48 kilomètres le soir. Le week-end, deux sorties de 64 kilomètres, samedi et dimanche. Résultat ? Une routine énorme depuis quatre mois.

Et il ne partira pas seul. Une équipe de quatre personnes l’accompagnera, avec un suivi en direct mis en ligne pour permettre à d’autres coureurs de le rejoindre sur quelques kilomètres.