Deux ultrarunners aux profils opposés tombent d’accord sur cinq règles pour mieux tenir les longues sorties. Des conseils concrets, loin des recettes miracles.
En bref
- Deux ultrarunners défendent cinq règles simples
- Aliments bruts, portions généreuses, envies écoutées
- Le corps reste le vrai juge
Ils n’ont pas le même parcours, mais ils arrivent au même constat. Pour tenir les longues sorties, Stephanie Howe et David Laney misent sur une alimentation simple, abondante et très peu transformée.
Deux profils, une même base
Chez Stephanie Howe, il y a le bagage technique, coach, nutritionniste du sport, docteure en physiologie de l’exercice, et une vraie habitude de cuisiner. Chez David Laney, c’est autre chose, un palmarès lourd, avec le titre d’Ultrarunner of the Year 2015, un podium sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc 170 km et les sélections olympiques 2016, mais aucune formation pro en nutrition. Et pourtant, les deux suivent les mêmes cinq règles.
Le point intéressant, c’est là. Leur accord ne repose pas sur une mode ou un plan miracle, mais sur l’expérience accumulée à l’entraînement, en course, et dans une vie où le temps manque aussi.
Des aliments bruts, pas des produits tout faits
Leur base, ce sont les aliments complets. Stephanie Howe remplit ses placards avec des céréales achetées en vrac, des herbes fraîches, du yaourt, des noix, des avocats, des pommes, des patates douces, des épinards et des produits de saison. Elle garde aussi de l’élan au congélateur, chassé par son mari, et achète surtout au stand de producteurs local, presque jamais au cœur du supermarché.
Même logique chez David Laney. Des fruits, beaucoup de légumes, du riz complet, des haricots noirs. Des choses bon marché, faciles à cuire, faciles à manger, bonnes aussi crues. Du coup, ils évitent les snacks prêts à l’emploi et compensent avec un peu d’anticipation, par exemple un grand wok préparé pour plusieurs jours ou des légumes crus déjà prêts pour l’après-midi.
Manger assez, souvent, et sans punition
Autre règle, ils ne se restreignent pas. Jamais dans une logique de récompense ou de sanction. Stephanie Howe explique qu’après une sortie longue ou une course dure, elle a souvent envie de sel et de gras, parfois d’un burrito avec chips et guacamole. Elle écoute cette envie.
David Laney, lui, connaît sa recette de cookies aux pépites de chocolat par cœur. Son idée est simple, certains jours il faut recharger avec ce qui aide vraiment à récupérer.
Et ils mangent souvent. Avant de courir, David Laney prend presque toujours du pain grillé avec beurre de noix et chai. Plus tard, gros petit-déjeuner, puis collation, puis dîner copieux, souvent avec légumes grillés ou salade, haricots noirs, fromage, salsa, riz complet ou autres céréales, parfois du poulet. Dessert fréquent, glace, cookies ou céréales froides enrichies de beurre de noix, miel et lait. Chez Stephanie Howe, le menu change selon les saisons, mais on retrouve smoothie, café, toasts beurre de cacahuète-banane, yaourt, fruits, restes du dîner, avocat, patates douces rôties, barres bio, cuillerées de beurre de cacahuète, puis le soir légumes, céréales, lentilles, œufs ou élan.
La cuisine la plus utile reste la plus simple
Pas de grande théorie en cuisine. Stephanie Howe revient souvent à son bol maison, légumes sautés, riz ou céréales, œuf poché et avocat. David Laney a un réflexe encore plus direct, une pizza au pesto avec fromage, oignons rouges grillés, poivrons et poulet.
Mais le vrai message est ailleurs. La nutrition reste personnelle. Stephanie Howe dit que la science sert de trame, pas de réponse unique, et que son ravitaillement de course vient de nombreux essais-erreurs. Les deux invitent à se méfier de la désinformation et des promesses trop belles. En gros, vous pouvez courir 16 km par semaine ou 160, il faut apprendre à écouter votre corps.