Deux mois et demi après le record de François D’Haene, Aurélien Dunand-Pallaz a traversé le GR20 en 27 h 29, avec une marge qui frappe fort.
En bref
- Aurélien Dunand-Pallaz boucle le GR20 en 27 h 29
- Il retire 2 h 17 au temps de François D’Haene
- Une traversée de 166 km et plus de 12 000 m D+
Il y a des records qui paraissent déjà immenses. Et puis ils tombent presque aussitôt. Sur le GR20, la marque signée par François D’Haene le 9 juillet, 29 h 46 min 20 s, avait frappé fort, premier passage sous les 30 heures sur ce sentier corse mythique. Deux mois et demi plus tard, Aurélien Dunand-Pallaz a fait bien plus que gratter quelques minutes.
Un record qui n’aura tenu qu’un été
Le Savoyard a relié Calenzana à Conca en 27 h 29, sur 166 km et plus de 12 000 m de dénivelé positif. Résultat, 2 h 17 retranchées à une référence qui semblait déjà très haute.
Ce que ça raconte, aussi, c’est la vitesse à laquelle le niveau grimpe. En juillet, François D’Haene avait lui-même amélioré de 39 minutes l’ancien record de Lambert Santelli. Là, la marche sautée est encore plus nette.
Une traversée menée avec une marge rare
Départ de Calenzana jeudi à 5 heures précises. Très vite, Aurélien Dunand-Pallaz a pris de l’avance sur les temps de passage de François D’Haene. À Vizzavona, au milieu du parcours, il comptait déjà environ 1 h 40 d’avance.
La partie la plus piégeuse se jouait sans doute dans la nuit de cette tentative de fin septembre, avec davantage d’heures dans l’obscurité qu’en plein été. Mais son matelas n’a presque jamais cessé de gonfler. À Verde, au km 110, il pointait à 1 h 58 devant. Puis l’écart a passé les deux heures.
Au col de Bavella, après environ 149 km, il gardait encore 2 h 14 d’avance malgré les premiers vrais signes de fatigue. Jusqu’à ce moment-là, l’impression dominante restait la même, une course maîtrisée, régulière, lucide, avec une vraie efficacité dans le technique. Il a fallu attendre les 17 derniers kilomètres pour l’entendre admettre, avec un sobre « ça commence à être dur », que le chantier devenait plus lourd.
À l’arrivée à Conca, encore poussé par ses pacers dans la dernière descente, sa sortie a claqué comme un aveu d’effort pur.
Le regard de D’Haene et la portée pour Dunand-Pallaz
Quelques heures avant l’arrivée, François D’Haene sentait bien que son record allait probablement sauter. Sur Instagram, il confiait qu’il y aurait forcément un « petit pincement au cœur », tout en rappelant que « les records sont faits pour être battus ». Il insistait surtout sur autre chose, le rôle d’une référence pour pousser plus loin, lui qui avait gagné 80 minutes en dix ans sur sa propre performance du GR20.
Pour Aurélien Dunand-Pallaz, 33 ans, ce chrono a un poids particulier. C’était l’objectif principal de sa saison, un projet mûri depuis plusieurs années et retardé par des blessures en 2025. Avec déjà la Hardrock 100, la Diagonale des Fous en 2023, une 2e place à l’UTMB en 2021 et la Transgrancanaria la même année, il lui manquait une grande référence chronométrique sur un sentier emblématique. C’est fait, et clairement, pas à moitié.